Management packages : un régime social pérenne et sécurisé

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Les management packages constituent un levier stratégique majeur pour associer dirigeants et salariés clés à la création de valeur de l’entreprise. Longtemps encadrés par la jurisprudence, leurs régimes social et fiscal ont connu une refonte profonde avec les lois financières récentes. La Loi de finances pour 2025, puis la LFSS pour 2026, ont posé un cadre légal clair, sécurisé et désormais pérenne. Décryptage d’un dispositif structurant pour les entreprises et les professionnels RH.

Définition et contexte des management packages

Les management packages, souvent désignés sous l’abréviation Manpack, regroupent différents instruments financiers, qualifiés ou non qualifiés, destinés à associer certains dirigeants et salariés stratégiques à la performance et à la création de valeur de l’entreprise. Leur objectif est double : motiver durablement les talents clés et aligner leurs intérêts sur ceux des actionnaires.

Jusqu’au début de l’année 2025, le régime social et fiscal applicable aux gains issus de ces dispositifs reposait essentiellement sur des décisions jurisprudentielles. Cette situation créait une insécurité juridique, tant pour les entreprises que pour les bénéficiaires, en raison d’un cadre interprétatif parfois instable.

Le nouveau cadre fiscal et social issu de la Loi de finances pour 2025

La Loi de finances du 14 février 2025 marque un tournant majeur en introduisant un cadre légal explicite via l’article 163 bis H du Code général des impôts (CGI), applicable aux gains réalisés depuis le 15 février 2025.

Sous réserve de conditions précises (notamment l’existence d’un risque de perte financière pour les plans dits qualifiés et, pour certains dispositifs non qualifiés, une durée minimale de détention) le gain net est désormais ventilé selon une logique hybride :

  • Au-delà d’un plafond, fixé par référence à la performance financière de l’entreprise (avec un seuil correspondant à trois fois cette performance), la fraction excédentaire est imposée selon le régime des traitements et salaires ;
  • En deçà de ce plafond, la fraction correspondante relève du régime des plus-values mobilières.


Cette architecture conduit à un traitement fiscal en deux compartiments distincts pour un même gain.


Sur le plan social, la Loi de finances pour 2025 avait instauré un régime spécifique, prévoyant :

  • l’exclusion de ces gains de l’assiette des cotisations sociales et de la CSG/CRDS sur les revenus d’activité ;
  • la soumission de la fraction relevant des plus-values mobilières aux prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine ;
  • l’application d’une contribution salariale spécifique de 10 % sur la fraction imposée en traitements et salaires, recouvrée comme la CSG sur les revenus du patrimoine.


Toutefois, ce régime était initialement temporaire, limité aux opérations réalisées entre le 15 février 2025 et le 31 décembre 2027.

Les apports majeurs de la LFSS 2026 : clarification et sécurisation du régime social

La Loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (LFSS 2026), publiée le 31 décembre 2025, apporte des ajustements structurants qui renforcent la cohérence du dispositif.

En premier lieu, elle rattache explicitement les exonérations sociales au champ d’application de l’article 163 bis H du CGI. Désormais, seules les gains nets effectivement éligibles au régime fiscal bénéficient de l’exclusion d’assiette des cotisations sociales et de la CSG/CRDS. Cela implique notamment le respect des conditions de risque financier et, le cas échéant, de durée de détention minimale.

En second lieu, la LFSS 2026 précise que la contribution spécifique de 10 % s’applique uniquement :

  • à la fraction du gain net imposée en traitements et salaires (celle excédant le triple de la performance financière) ;
  • et seulement lorsque les conditions d’éligibilité au régime fiscal sont pleinement respectées.


La fraction du gain relevant des plus-values mobilières reste, quant à elle, soumise aux prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine, sans modification.

Un régime désormais pérenne pour les gains de management packages

Les ajustements introduits par la LFSS 2026 s’appliquent aux opérations réalisées à compter du 15 février 2025, soit la même date d’entrée en vigueur que le dispositif initial.

Surtout, la loi supprime la limitation dans le temps initialement prévue. Le régime social des gains issus des management packages n’est donc plus transitoire : il devient un régime pérenne, offrant une visibilité accrue aux entreprises, aux dirigeants et aux professionnels RH dans la structuration de leurs dispositifs d’intéressement.

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